Les Lumières ont toujours mené un combat contre les préjugés et les idées reçues, car ils étaient contraire à leur principe de base : la tolérance. Ainsi, ils souhaitaient que l'homme réfléchisse par lui-même, se basant sur des preuves scientifique. En effet, d'après ces derniers, les préjugés devaient disparaitre avec l'évolution des sciences.
Mais qu'est-ce qu'un préjugé ? C'est une croyance, une opinion préconçue, une forme d'ignorance, qui dépendant souvent du milieu et de l'époque. C'est porter un jugement prématuré, sans y réfléchir par soi-même. La preuve est une démarche contraire aux préjugés. En effet, une preuve est ce qui sert à établir qu'une chose est vraie. On cherche donc par déduction, ou grâce à une preuve matérielle, à démontrer la véracité ou la fausseté d'une hypothèse, d'une idée.
Que vaut alors une preuve contre un préjugé ?
La réponse à cette question semble évidente au premier abord : objectivement, la preuve devrait balayer le préjugé.
En effet, la preuve s'appuie sur des faits, des éléments concrets, ce qui la rend irréfutable, contrairement au préjugé qui n'est fondé sur aucune démarche intellectuelle, ou réflexion personnelle. La preuve est en faite un élément extérieur à l'individu. En effet, on ne peut pas en inventer une (c'est d'ailleurs pour cela qu'elle est irréfutable), elle existe déjà. Une preuve peut être n'importe quoi : elle le devient lorsque l'on s'en sert comme tel, lorsque l'on décide de la considérer en tant que preuve. La démonstration est elle discutable, car elle est propre à l'individu. En effet, la démonstration se fait à partir d'une démarche intellectuelle personnelle. Elle n'est donc pas nécessairement acceptée par tous. La preuve elle est reconnue, et donc acceptée, adoptée, sans que l'individu cherche à réfléchir ou a la contester.
De nombreux préjugés ont déjà été limités grâce à des démarches philosophiques, scientifiques et intellectuelles. En effet, au cours de l'histoire, de nombreuses opinions préconçues furent réfutées grâce au progrès et à la raison. La raison a éclaircie la naïveté et l'obscurantisme de certains. La preuve tire sa force du faite que le préjugé est irrationnel. En effet, il est naïf et illogique de se forger son opinion à partir d'idées reçues, et de croyances universelles, sans même chercher à vérifier la véracité de ces dires. Prenons en exemple le préjugé sur les femmes. En effet, elles ont longtemps été considérées comme inférieures aux hommes, en tant que sexe faible. Elles étaient en marge de la société, sous l'autorité de leurs maris. Pourtant, ce préjugé a perdu de son poids dans les esprits à la fin de la seconde guerre mondiale. En effet elles ont réussi à prouver par leur travail qu'elles étaient capables de faire les mêmes tâches que les hommes, donc être leur égal. Depuis l'après guerre, les femmes n'ont donc cessé de gagner en considération et en crédibilité, en démontrant leurs capacités réelles. D'après cette exemple, on voit bien que les preuves (ici les actions et combats des femmes) permettent donc de réfuter partiellement certains préjugés. Les femmes ont montré d'après des faits concrets et reconnus. Cette démonstration a permis de faire avancer leur situation, en leur donnant plus d'égalité, de droits, de valeur...
Ainsi, les preuves qui réfutent les préjugé permettent de changer les m½urs, les mentalités, de les faire avancer et évoluer. L'idée des Lumière comme quoi la science ferait disparaître les préjugés est donc valable, fondée, mais a cependant des limites.
La force de la preuve se trouve donc dans le faite que c'est un élément reconnu comme véritable, et que donc personne ne cherche à les contester. De plus, des exemples historiques montrent que des preuves scientifiques, ou intellectuelles ont déjà gommé certains préjugés, totalement ou pas.
Même si la preuve a une certaine force, elle n'en demeure pas moins faible face à certains préjugés. Mais alors pourquoi la preuve serait-elle insuffisante ? Au niveau de l'opinion, chaque individu pense avoir raison, que celui-ci soit basé sur la réflexion ou sur l'ignorance. En effet, chaque personne croit savoir ce qui est vrai. L'individu ayant des préjugé ne sait pas qu'il en a. Il est donc ignorant. Il pense que sa thèse est logique et véridique. Lorsqu'une personne possédant la preuve de ses dires essaye de convaincre cette autre personne, il n'y parviendra pas forcément, bien qu'il ait une preuve à l'appui, car l'individu ne veut peut-être pas en être persuadé.